Aux États-Unis, le fisc ne s’intéresse pas à votre code postal, mais à votre passeport. Qu’on habite New York, Tokyo ou Marseille, la déclaration des revenus mondiaux reste une obligation pour les citoyens américains et détenteurs de la carte verte. Les conventions fiscales internationales, signées à grand renfort de signatures et de tampons officiels, ne font qu’atténuer la double imposition sans jamais effacer le devoir de déclaration. Pour limiter les doublons, des crédits d’impôt et des formulaires spécialisés existent, mais la mécanique n’a rien d’intuitif. L’Internal Revenue Service surveille de près, s’appuyant sur des accords d’échange d’informations qui rendent la dissimulation risquée et la négligence coûteuse.
Pourquoi les Américains paient-ils des impôts partout dans le monde ?
La citoyenneté fiscale n’est pas un slogan aux États-Unis : c’est un principe ferme, qui isole le système américain au niveau mondial. Où qu’il s’établisse, un citoyen américain ou titulaire de green card doit s’acquitter d’un impôt sur ses revenus mondiaux. Un ingénieur parti de New York pour Montréal, un retraité vivant sous le soleil espagnol, ou une entrepreneure californienne installée à Paris : tous sont tenus à la déclaration de revenus américaine, sans exception.
Cette singularité, née d’une loi datant de la guerre de Sécession en 1864, avait pour ambition de préserver les ressources de l’État et d’empêcher l’évasion fiscale. Le raisonnement reste inchangé : la citoyenneté crée le lien fiscal, pas la résidence. Quitter le territoire américain ne libère jamais de cette obligation, ni pour la déclaration, ni pour les taxes.
Ce n’est pas tout : la loi impose aussi de déclarer chaque compte financier détenu à l’étranger. Un Américain installé en France, par exemple, doit signaler tout compte bancaire aux États-Unis. Depuis l’application des mesures FATCA en 2014, les banques françaises informent automatiquement le fisc américain sur les comptes concernés. Plus de neuf millions d’expatriés américains, parfois dépassés par la complexité des procédures, doivent jongler avec toutes ces règles pour rester en conformité.
Zoom sur le système fiscal américain : fonctionnement et spécificités
Le système fiscal américain fonctionne selon une logique à plusieurs étages. Au niveau national, l’impôt fédéral sur le revenu est perçu par l’Internal Revenue Service (IRS) et porte sur tous les revenus, qu’ils proviennent du pays ou de l’étranger. La progressivité des tranches s’applique sans détour : plus les rentrées d’argent sont élevées, plus la part prélevée augmente.
À cela s’ajoutent les impôts prélevés par les États et parfois, les prélèvements locaux. La donne varie fortement suivant l’endroit : certains États, comme le Texas ou le Wyoming, ne prélèvent rien sur le revenu mais récupèrent l’argent via la consommation, tandis que d’autres, tels la Californie ou New York, appliquent leurs propres barèmes, souvent costauds, et demandent des démarches à part.
Chaque année, le formulaire 1040 s’impose à tous les contribuables américains. Les contrôles ne manquent pas et les sanctions non plus : l’IRS veille strictement au respect des règles. En parallèle, des taxes spécifiques concernent les sociétés internationales ou les revenus issus de transactions entre pays. Ce système, à la fois centralisé et morcelé, force chacun à se tenir informé, à s’adapter, et à ne jamais perdre le fil de la réglementation.
Double imposition : quels défis pour les expatriés et comment les surmonter ?
Pour les citoyens américains partis vivre ailleurs, devoir payer deux fois sur les mêmes sommes n’a rien de théorique. Chaque année, il leur faut jongler entre la déclaration de revenus américaine et celle exigée dans leur pays d’accueil. Pour beaucoup, ce méli-mélo fiscal devient source de casse-tête.
Cependant, les accords entre pays comme la France ou le Canada allègent quelque peu le fardeau. Leur but : éviter que le même revenu soit taxé deux fois. Un crédit d’impôt permet généralement de soustraire ce qui a déjà été versé à l’étranger. Pourtant, il subsiste de nombreux cas particuliers : certains revenus échappent aux accords, et chaque administration applique ses propres critères.
Les résidents étrangers et les personnes ayant la double nationalité doivent faire preuve de prudence. L’IRS exige une transparence absolue sur les comptes financiers détenus à l’étranger via le FBAR ou le Form 8938. Omettre une déclaration expose à des pénalités lourdes, parfois dissuasives. Consulter un fiscaliste aguerri aux réglementations des deux pays peut éviter bien des surprises. S’adapter, suivre scrupuleusement les échéances et connaître les conventions en vigueur aide à limiter le risque de double taxation.
Ressources pratiques et conseils pour bien déclarer ses revenus aux États-Unis
Pour réussir sa déclaration de revenus américaine, mieux vaut une bonne préparation et un minimum d’anticipation. Rassembler chaque formulaire indispensable et les documents concernant tous les comptes financiers à l’étranger, qu’ils soient à Paris, New York ou Washington, s’impose comme une première étape. Les formulaires FBAR et Form 8938 s’appliquent dès qu’on franchit certains seuils d’actifs, et ne pas les remplir peut coûter cher.
En présence de revenus variés, entre salaires, dividendes, comptes bancaires, biens immobiliers, rien ne remplace la lecture attentive des directives officielles et des notices de l’Internal Revenue Service. Il peut être utile de faire appel à un fiscaliste expert en fiscalité internationale. Installés à Paris ou New York, certains professionnels connaissent les pièges propres à chaque système et savent orienter efficacement pour limiter les risques de double imposition.
Pour éviter pièges et retards, il est conseillé de suivre une organisation précise :
- Dès janvier, collectez tous les justificatifs relatifs à vos revenus mondiaux.
- Gardez à l’esprit la date limite fixée par l’IRS : traditionnellement, le 15 avril pour la plupart des contribuables.
- Si vous résidez hors des États-Unis, sachez que le délai court jusqu’au 15 juin grâce à la prolongation automatique, attention toutefois, les éventuels impôts dus restent exigibles dès la date classique.
Réussir à s’organiser, à répondre à temps et à faire preuve de clarté documentaire, c’est se garantir une relation saine avec le fisc américain. Car au pays de l’impôt mondial, la rigueur n’est pas une posture, c’est une assurance contre les mauvaises surprises. Et pour qui s’aventure hors des frontières mais garde un passeport américain, prévoir, vérifier et s’adapter deviennent vite des réflexes de survie.


