Jours ferier France : quelles différences avec les RTT et congés payés ?

Jours fériés, congés payés, RTT : ces trois catégories d’absence reviennent sur chaque bulletin de paie, mais leurs règles d’acquisition, de rémunération et de prise diffèrent sur presque tous les plans. Comprendre ces écarts permet d’éviter des erreurs de décompte qui pénalisent le salarié ou exposent l’employeur à un litige prud’homal.

Tableau comparatif : jours fériés, congés payés et RTT en France

Critère Jours fériés Congés payés RTT
Source juridique Code du travail (art. L3133-1 et suivants) Code du travail (art. L3141-1 et suivants) Accord collectif ou accord d’entreprise
Nombre par an 11 fêtes légales Minimum 5 semaines (soit 25 jours ouvrés ou 30 jours ouvrables) Variable selon l’accord (souvent une dizaine de jours)
Condition d’acquisition Aucune, dates fixées par la loi Travail effectif sur la période de référence Heures travaillées au-delà de 35 h/semaine
Chômé de droit ? Seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé Oui, selon calendrier posé par l’employeur Selon accord : part employeur et part salarié
Rémunération Maintien du salaire si chômé (sauf exceptions) Indemnité de congés payés (règle du dixième ou maintien) Maintien du salaire
Report possible ? Non applicable Oui, sous conditions légales récentes Dépend de l’accord collectif

Ce tableau met en lumière une différence de nature : les congés payés sont un droit acquis par le travail effectif, les RTT découlent d’un mécanisme conventionnel, et les jours fériés relèvent d’un calendrier légal qui ne garantit pas automatiquement un repos.

Manager RH expliquant les différences entre RTT, congés payés et jours fériés en entreprise

Jour férié tombant pendant les congés payés : la règle méconnue

Un salarié pose une semaine de vacances du lundi au vendredi. Le jeudi est un jour férié chômé dans l’entreprise. Combien de jours de congés payés sont décomptés ?

La réponse est quatre, pas cinq. Un jour férié chômé ne consomme pas de jour de congé payé. Si l’entreprise traite habituellement ce férié comme non travaillé, il ne peut pas être imputé sur le solde de CP du salarié. Le jour férié « neutralise » un jour de congé.

Quand le jour férié n’est pas chômé dans l’entreprise

La situation change si l’entreprise ne chôme pas ce jour férié en temps normal. Dans ce cas, le salarié en vacances voit son jour de CP décompté normalement, puisque le férié n’aurait de toute façon pas été un jour de repos.

La distinction repose donc sur l’usage ou la convention collective applicable. Un salarié qui travaille dans la restauration, le commerce ou l’hôtellerie – secteurs où plusieurs jours fériés sont habituellement travaillés – n’obtient pas le même traitement qu’un salarié de bureau dont l’entreprise ferme systématiquement les jours fériés.

RTT et jours fériés en France : deux logiques distinctes

Les RTT compensent un temps de travail supérieur à la durée légale hebdomadaire. Le nombre de jours de RTT dépend entièrement de l’accord d’entreprise ou de la convention collective. Aucun texte du Code du travail ne fixe un quota universel de RTT.

Les jours fériés, à l’inverse, sont listés de manière exhaustive par la loi :

  • Le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet, le 15 août, la Toussaint, le 11 novembre et le 25 décembre constituent les onze fêtes légales.
  • Seul le 1er mai impose un repos obligatoire pour l’ensemble des salariés du secteur privé, les dix autres dépendent des accords applicables.
  • Un jour férié travaillé peut ouvrir droit à une majoration de salaire ou à un repos compensateur, selon la convention collective, tandis qu’un jour de RTT non pris suit les règles de l’accord qui le prévoit (report, paiement ou perte).

Un salarié en forfait jours qui bénéficie de RTT voit ses jours fériés chômés déduits du nombre total de jours à travailler dans l’année. En revanche, les RTT viennent compenser l’écart entre le plafond du forfait et le nombre de jours ouvrés réels. Les deux mécanismes se combinent sans se confondre.

Cadres dirigeants et statuts particuliers : des règles à part

Les cadres dirigeants sont exclus des dispositions relatives à la durée du travail, aux repos et aux jours fériés. Concrètement, un cadre dirigeant n’acquiert pas de RTT puisqu’il n’est pas soumis au décompte horaire.

Il conserve en revanche son droit aux congés payés, qui reste attaché au contrat de travail quel que soit le statut hiérarchique. Cette asymétrie est rarement mentionnée dans les guides généralistes, alors qu’elle concerne une population non négligeable dans les grandes entreprises.

Salariés à temps partiel

Un salarié à temps partiel acquiert des congés payés au même rythme qu’un salarié à temps plein. En revanche, il ne génère pas de RTT puisque son temps de travail ne dépasse pas la durée légale. Les jours fériés chômés qui tombent sur un jour habituellement non travaillé ne lui ouvrent aucun droit supplémentaire.

Monétisation des RTT et indemnisation des congés payés non pris

Les congés payés non pris à la fin du contrat de travail donnent lieu à une indemnité compensatrice versée sur le solde de tout compte. Ce droit est d’ordre public : l’employeur ne peut pas s’y soustraire.

Pour les RTT, la situation dépend de l’accord collectif. Certains accords prévoient le paiement des RTT non pris en fin de période, d’autres imposent leur perte. Un dispositif de monétisation des RTT a été prolongé ces dernières années, permettant aux salariés de demander le rachat de jours de repos contre rémunération majorée.

  • Les congés payés non pris sont toujours indemnisés en cas de rupture du contrat, quelle que soit la cause (démission, licenciement, rupture conventionnelle).
  • Les RTT non pris peuvent être perdus si l’accord ne prévoit ni report ni rachat, ce qui rend leur gestion plus risquée pour le salarié.
  • Les jours fériés ne font l’objet d’aucun « solde » : ils existent dans le calendrier et ne se reportent pas.

Vue aérienne d'un bureau avec contrat de travail, agenda annoté et drapeau français symbolisant les jours fériés

La différence la plus structurante entre ces trois dispositifs tient à leur source : le Code du travail protège les congés payés avec un socle impératif, les jours fériés dépendent largement de la convention collective (sauf le 1er mai), et les RTT n’existent que par la volonté des partenaires sociaux au sein de l’entreprise. Vérifier son accord d’entreprise reste le réflexe le plus fiable pour connaître ses droits réels en matière de repos.

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